RUE DU MOULIN

38 logements individuels superposés

160824-ap14-01

OÙ :  Vendargues (34)

QUI : Linkcity

QUAND : APD / PC livré en 2017 – Projet arrêté

COMBIEN : 3,2M€ HT

PARTENAIRE : Bouygues Bâtiment, Oreis, Cerretti, Socotec

 

A Vendargues, c’est le terrain qui raconte l’histoire du projet. Dessiné par la route départementale et deux rues pavillonnaires, à la frontière d’un village et de sa zone commerciale, il pourrait être de ces terrains à bâtir que l’on croise souvent dans les campagnes françaises. Et pourtant ! Ancienne carrière, trois plateaux étroits et accidentés entre lesquels le relief tombe à pic, où la pierre a depuis longtemps laissé la place aux arbres, deux pavillons résidentiels et quelques milliers de voitures pour voisins immédiats… construire ici est un défi. Un défi lancé au bruit, à la vue, à l’ensoleillement, au confort de vivre : il faut se protéger du premier en garantissant les autres.

 

Les architectes ont pris le parti d’imager le projet avec ce terrain et non pas en dépit de lui. Colonne vertébrale de la composition, la voirie, sinueuse, prend de la distance sur la départementale, accompagne le dénivelé naturel et dessine un trajet paysagé à sens unique, plus fluide, plus étroit, sur lequel viennent ponctuellement se greffer des places de stationnement. De cette artère matricielle s’échappent des cheminements piétons en béton désactivé, qui maillent le terrain et en dirigent les flux, jusqu’aux portes des 38 logements. Car, si l’œil identifie bien trois ensembles bâtis logés sur les plateaux, ici,  pas question d’habitat collectif. Structurellement individualisés, traversants, bénéficiant de jardins ou de terrasses et d’une entrée privatisée depuis des paliers et coursives extérieurs, il s’agit de logements individuels pensés comme des maisons particulières et superposés, sur le parangon volumétrique de la maison de ville.

 

Élévations sur deux niveaux et combles, toitures tuiles à deux pentes, escaliers extérieurs, balcon en serrurerie et en bois, séparatifs végétaux, les codes sont repris et réadaptés, à l’époque comme aux traditions du lieu, et jouent l’illusion de la verticalité alors que la réalité, justesse de conception oblige, a mené à une organisation des logements par strates horizontales désaxées. Pied-de-nez aux contraintes mais pas seulement, ces façades archétypales, couplées à des redans en double hauteur enduits à la chaux, participent à élancer et alléger les volumes, « côté rue ». « Côté cour », sur l’intérieur de la parcelle, les architectes ont choisi de marquer le socle à l’aide d’une rive métallique qui serpente le long de la façade, de balcons en débord à paliers en creux. En deça, les murs sont enduits à la chaux et support de plantes grimpantes. Au-dessus, le langage se diversifie et un bardage de bois clair vient habiller pour les souligner l’intérieur des creux où se logent les portes d’accès.

 

Ces éléments composent le code formel d’une identité d’ensemble, mais savent sortir de la trame sans complications : le terrain, très particulier, plus propice au vocable mimétique qu’à la répétition ânonnante, a fait de la conception de ce projet une suite de cas particuliers auxquels il a fallu les adapter, menant chacun des trois bâtiments à être une déclinaison d’une grammaire reconnaissable, et chaque unité d’habitation à être différente de ses voisines.